Les experts de l’ONU exhortent Israël à ne pas légaliser le gavage des prisonniers grévistes de la faim

PNN/ Bethléem

Deux experts des droits de l’homme aux Nations Unies ont réitéré aujourd’hui leur appel aux autorités israéliennes pour arrêter le processus de légalisation du gavage ainsi que le traitement médical des prisonniers et des détenus en grève de la faim contre leur volonté.

Cet appel intervient après que le courant de la Knesset ait décidé de poursuivre le processus législatif d’un projet de loi visant à modifier la loi sur les prisons (prévention des dommages en raison de grèves de la faim) initié par la précédente législature.

Les experts indépendants ont averti que le projet de loi affectera principalement les Palestiniens détenus par Israël, y compris ceux en détention administrative.

Le Rapporteur spécial des Nations unies sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, Juan E. Méndez, a souligné que “l’alimentation induite par des menaces, la coercition, la force ou l’utilisation de la contention physique des individus, qui ont opté pour l’extrême recours de la grève de la faim pour protester contre leur détention, équivalent, même si elles sont destinées à leur profit, à un traitement cruel, inhumain et dégradant”.

Comme souligné dans les dernières expertises, la décision consciente de la personne et son refus volontaire et informé des mesures médicales sont cruciaux pour réaliser, respecter et protéger les droits de l’homme.

“En aucun cas, l’alimentation forcée des prisonniers et des détenus en grève de la faim ne se conforme aux normes des droits de l’homme,” a déclaré le Rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à la santé, Dainius Puras. «Le consentement éclairé est partie intégrante de la réalisation du droit à la santé”.

Les experts internationaux se sont entretenus à différentes occasions avec les autorités israéliennes sur la question de l’alimentation forcée des prisonniers et des détenus en grève de la faim. “Pour mettre fin aux grèves de la faim, il ne s’agit pas de pratiquer l’alimentation forcée vis-à-vis des grévistes de la faim, mais de répondre aux violations des droits de l’homme sous-jacentes contre lesquelles ils protestent, à savoir, la pratique de la détention administrative”, ont-ils précisé.

“Nous réitérons notre appel au Gouvernement d’Israël de ne pas pratiquer le gavage ainsi que d’autres mesures coercitives et de chercher des solutions alternatives à des situations extrêmes résultant des grèves de la faim, y compris un dialogue de bonne foi», disaient-ils. “Nous sommes prêts à fournir les conseils et l’assistance nécessaires aux autorités sur ces questions.”

L’appel des experts indépendants a été approuvé par le Rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les Territoires Palestiniens occupés depuis 1967, Makarim Wibisono.