B’Tselem : 384 mineurs parmi 740 civils laissés sans abris par Israël

PNN/  Bethlehem

De Janvier à Juin 2016, les autorités israéliennes ont démoli 168 logements appartenant à des communautés palestiniennes en Cisjordanie, laissant 740 civils sans-abris, dont 384 mineurs, rapporte une récente publication de B’Tselem.

Ce même rapport démontre que le nombre de logements démolis au cours des six derniers mois est plus important que le nombre de logements détruits chaque année depuis 10 ans (ceci excluant l’année 2013, au cours de laquelle les autorités israéliennes ont détruit 175 logements).

La politique adoptée par les autorités d’occupation israéliennes (IOA) concernant ces communautés empêche les civils d’avoir un semblant d’activités habituelles, faisant de l’incertitude une réalité quotidienne, et constituant, par conséquent, un harcèlement en tant que tel, souligne le rapport.

Quant aux individus dont l’habitation n’a pas été détruite, ils vivent dans la peur constante que leur logement sera démoli sous peu, et qu’ils devront un jour laisser ce lieu de vie qui est pourtant leur propriété, ajoute l’organisation.

Cette politique gouvernementale, systématiquement mise en place depuis des années, comprend aussi le transfert forcé des Palestiniens pourtant considérés comme une « population à protéger dans les territoires occupés ». Par conséquent, cette politique représente une violation du droit international humanitaire.

La démolition de logements joue un rôle-clé dans la politique israélienne mise en place en Cisjordanie occupée.

Selon la même source, les démolitions sont réalisées dans la Zone C, qui comprend environ 60% de la Cisjordanie occupée. Ces démolitions, qui ont aussi lieu à Jérusalem-Est, sont avant tout considérées par Israël comme un moyen de servir ses propres intérêts.

De manière générale, Israël cherche à établir des obstacles concrets afin de créer un cadre de vie difficilement modifiable et ajustable. Israël agit dans le but de déplacer et expulser des Palestiniens en s’appuyant sur de piètres prétextes légaux. Par exemple, les démolitions peuvent être justifiées par l’argument « construction illégale » – un argument bancal étant donné l’absence de réelles possibilités pour les Palestiniens de construire légalement.

La séparation de la Zone C du reste de la Cisjordanie permet à Israël de ne pas assurer ses devoirs et obligations envers la totalité de la population palestinienne vivant en Cisjordanie occupée.

Ainsi, Israël laisse sa responsabilité aux portes de l’Autorité Palestinienne qui devait prétendument bénéficier de certains pouvoirs dans les Zones A et B. Cependant cette division est entièrement artificielle. Cela ne reflète ni la réalité géographique, ni le quotidien des Palestiniens.

La politique d’Israël mise en place dans la Zone C a un impact sur tous les habitants de Cisjordanie étant donné que leur future dépend uniquement d’Israël.

En effet, la majorité des réserves foncières et des ressources naturelles de la Cisjordanie se trouvent dans la Zone C, de façon à ce que leur usage – extension des communautés palestiniennes, construction d’entreprises, agriculture, mise en place de canalisations, pavé les routes – requiert l’autorisation d’Israël. Celle-ci est rarement octroyée.

Israël bénéficie aussi d’un contrôle exclusif sur la circulation des biens et des personnes en Cisjordanie, ainsi que sur le passage frontalier entre Israël et la Jordanie. D’autre part, chaque année, Israël arrête des milliers de Palestiniens et les jugent dans les tribunaux militaires. La majorité d’entre eux ne vit pas dans la Zone C.

La poursuite des démolitions ainsi que la dissémination de communautés ne constituent en rien la mise en place d’un « État de droit ». Au contraire, ces actions représentent une dépossession systématique, de longue date, et à laquelle les autorités israéliennes prennent part, comme le rappelle le rapport de B’Tselem.