Israël veut bannir les activistes pro-boycott

PNN/ Bethléem/

Dimanche, le Ministre israélien de la Sécurité Publique et des Affaires Stratégiques et le Ministre de l’Intérieur israélien ont convenu, lors d’un meeting, de créer une nouvelle mesure empêchant l’entrée en Israël de tout activiste faisant partie d’une organisation boycottant Israël.

Selon Haaretz, un groupe de travail s’attèlera au projet qui inclura aussi l’expulsion d’activistes étant déjà en Israël.

Israël ne créera pas une nouvelle loi pour cette mesure. Le but de ce projet serait de rassembler un grand nombre d’informations grâce aux services de renseignement afin de trouver les activistes en Israël ainsi que collecter des informations prouvant leur activisme en faveur du boycott.

Un haut-fonctionnaire israélien a confié au journal Haaretz que le groupe de travail définira les critères selon lesquels un activiste étranger sera expulsé ou banni d’Israël. Le même groupe de travail a aussi pour but de trouver une base légale pour une telle mesure. Le haut-fonctionnaire a aussi rapporté à Haaretz que ce projet sera appliqué « au cas par cas », afin d’évaluer « si l’expulsion de certains individus bénéficiera ou non aux intérêts d’Israël. »

Selon des informations données lors du meeting de dimanche, certains activistes sont membres du BDS mais d’autres n’en font pas partie. Ces activistes entrent en Israël par l’aéroport international Ben Gourion ou par le Pont Allenby, en venant de la Jordanie.

Des responsables palestiniens ont réagi à une telle décision, dénonçant cette mesure qui porte atteinte à la liberté d’expression, et qui est aussi une preuve de l’impact croissant que le BDS a sur la politique menée par le gouvernement israélien.

Ainsi, Mustafa al-Barghouti, le dirigeant de l’Initiative Nationale Palestinienne, a déclaré que « cette décision montre à quel point Israël est un État raciste » et qu’« un pays ne devrait pas permettre une telle menace de la liberté d’expression ». Il a aussi déclaré que « le BDS est un mouvement important commençant à avoir des effets sur Israël, ce qui explique pourquoi les Israéliens prennent une telle décision. » Al-Barghouti ajoute que « nous, en tant que Palestiniens, devrions adopter le mouvement du BDS au niveau local pour cela puisse affecter d’autant plus Israël. » Il a aussi déclaré que « ce n’est pas la première fois qu’Israël prend une telle décision mais cela ne détruira pas notre détermination et nous continuerons ce combat. Cette mesure montre le vrai visage d’Israël. »

Selon Munther Amera, le président du Comité de Résistance Populaire en Cisjordanie, « Israël essaye d’abuser les activistes internationaux. Toutes les décisions israéliennes sont illégales, et celle-ci en particulier, car elle vise le BDS, un mouvement pacifique qui est un des mouvements importants à la fois au niveau international et local, et appelant au boycott d’Israël. » Il ajoute qu’ « Israël veut empêcher les activistes étrangers de se rendre en Israël car cela leur permet de voir comment cet Etat se conduit réellement en territoires palestiniens ». Il ajoute que « cela montre à quel point Israël est un pays raciste et non-démocratique » et appelle « la communauté internationale et les organisations défendant internationalement les droits de l’Homme à empêcher la mise en place de cette mesure qui viole le droit international. »

Concernant la décision « au cas par cas » évoquée par Israël pour la possibilité de bannir un activiste,  cela laisserait une marge d’interprétation pour les gens responsables d’une telle prise de décision. Israël a déjà adopté la mesure « au cas par cas », lorsque les agents chargés de la sécurité à l’aéroport décident – ou non – de laisser un touriste entrer en Israël pour un maximum de trois mois. Ainsi, certains voyageurs doivent passer des interrogatoires – qui peuvent durer des heures – lorsqu’ils arrivent à l’aéroport international Ben Gourion mais aussi lorsqu’ils traversent le pont Allenby reliant la Jordanie à la Palestine.

Alors qu’Israël justifie une telle décision en soulevant l’inquiétude de la « dé-légitimation », cette nouvelle mesure pourrait aussi renforcer le côté arbitraire de la prise de décision pour laisser entrer un voyageur en Israël.