Des ONG européennes des droits de l’homme dénoncent la répression israélienne à l’encontre des intellectuels palestiniens
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- Published on mercredi 15 février 2012 11:01
PNN
Les organisations euro-méditerranéennes des droits de l'homme expriment leurs profonde préoccupation quant à l'incessante arrestation et détention d'intellectuels palestiniens par les autorités israéliennes.
L'organisation Euro-Med Observer a reporté que les autorités israéliennes ont procédé ces dernières années à de nombreuses arrestations d'intellectuels et universitaires palestiniens. Ces arrestations, fréquentes et sans chefs d'accusation légitimes, ont conduit, sous l'ordre du gouverneur militaire israélien, à la « détention administrative » des personnes arrêtées.
« Sur la base des informations collectées sur le terrain par les enquêteurs de l'Observatoire, il apparaît que les autorités israéliennes ont procédé à l'arrestation de 41 professeurs et maîtres de conférence palestiniens et mis la plupart en 'détention administrative'. » Parmi eux, des professeurs de l'université d'An-Najah à Naplouse – Mohammed Ghazal, professeur d'ingénierie civile, Youssef Abdel Haq et Omar Abdel Razek, professeurs d'économie – et de l'Université ouverte de Jérusalem, Adnan Abu Tbana et Nayef Abu Saud.
Le rapport souligne que l'année 2007 a connu la plus grande vague d'arrestations d'intellectuels palestiniens, avec 15 professeurs d'université placés en détention administrative par Israël. Au total, au cours des dix dernières années, Israël a mis en détention administrative 430 universitaires palestiniens.
L'organisation Euro-Med Observer a par ailleurs documenté de nombreux exemples de répression à l'encontre d'universitaires palestiniens, dont des tentatives de manipulation visant à les inciter à coopérer avec les services de renseignement israéliens en échange de leur libération et des menaces de déportation. Les autorités israéliennes ont même confisqué les travaux scientifiques des chercheurs palestiniens durant leur détention. C'est le cas du professeur Issam Al-Ashqar, dont les recherches dans le champ de la physique ont été détruites par l'administration pénitentiaire.
Melle Amany Al-Senwar, directrice régionale d'Euro-Med Observer, a déclaré que l'ONG soumettra ce problème à l'attention de la communauté internationale et des organisations de défense des droits de l'homme afin d'initier un mouvement de mobilisation contre ces pratiques. Elle a précisé que ces attaques délibérées contre les intellectuels palestiniens n'ont pas de fondements légaux, d'autant plus que les autorités israéliennes n'autorisent pas l'accès des détenus et de leurs avocats aux détails de leurs dossiers.
Al-Senwar a expliqué que le Comité contre la torture des Nations unies a condamné à plusieurs reprises la pratique par Israël de la détention administrative, qu'elle considère comme une forme de « punition collective » des Palestiniens dépourvue de légalité. Elle a ajouté que le droit international en matière de droits de l'homme, en particulier la quatrième Convention de Genève, stipule que toute personne privée de liberté doit être informée des faits qui lui sont reprochés et avoir la possibilité de se défendre.
Le rapport d'Euro-Med Observer se conclue par une condamnation de l'usage de la détention administrative à l'encontre des intellectuels palestiniens. L'ONG s'engage à travailler à la criminalisation de la politique de détention administrative à l'échelle mondiale. Les professeurs Yousef Abdul Haq et Khader Adnan, détenus par Israël, mènent depuis plus de cinquante jours une grève de la faim.

