Lun21052012

Info PNN : une publicité brise les rêves des enfants des camps de réfugiés

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PNN

Les rues de Cisjordanie sont parsemées de panneaux publicitaires, mais aucun ne reflète la réalité des villes de Cisjordanie. Ainsi, à l'entrée du camp de réfugiés d'al-Azeh, près de Bethléem, les habitants peuvent voir une publicité représentant deux fillettes assises dans une sale de cinéma et mangeant du pop-corn. Or en territoire palestinien, et à Bethléem en particulier, il n'y a pas de cinéma.

La différence entre la réalité et l'imaginaire publicitaire est ici frappante. « Le contenu des publicités ne correspond jamais à la réalité », constate Nash'at al-Aqtash, spécialiste en marketing et maître de conférence à l'université de Birzeit. « Les publicités qui reflètent la situation actuelle sont rares. »

Selon Mazen al-Azeh, militant du Comité populaire du camp d'al-Azeh, « cette publicité est offensive pour les populations locales qui vivent dans des conditions difficiles, d'autant plus qu'elle se trouve juste à l'entrée de l'endroit le plus pauvre de Bethléem, le camp de réfugié ».

« Je confirme que 99% des enfants réfugiés n'ont jamais vu de cinéma de leur vie. Leur rêve est maintenant d'aller au cinéma voir un film. Cette affiche peut être une source de souffrance pour ces enfants qui ont peu de place pour jouer et sont privés de leur droit le plus élémentaire à accéder aux mêmes jeux que les autres enfants du monde ».

Cette publicité, qui promeut une banque de prêt immobilier, n'est pas la seule à ignorer la réalité locale et à dépeindre un monde idyllique, bien au contraire.

La question que l'on est en droit de se poser est la suivante : est-ce juste de tromper les enfants des camps de réfugiés en leur présentant un monde dans lequel on leur interdit de vivre, juste pour des objectifs marketing ?