Mer22022012

Soif de changement place Tahrir, un an après le début de la révolution égyptienne

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PNN

Les chiffres officiels ne sont pas encore connus, toujours est-il que les Egyptiens sont venus en masse célébrer le premier anniversaire de la jeune révolution égyptienne en venant occuper une nouvelle fois la place Tahrir. Des témoins oculaires ont avancé le chiffre de 150,000 personnes.

Les manifestants sont venus de tous les quartiers du Caire pour commémorer le mouvement de contestation qui avait conduit à la chute de l'ancien président Hosni Moubarak le 11 Février dernier.

Une atmosphère sereine flottait sur la place. Un service d'ordre était chargé de filtrer les entrées en procédant à des fouilles et à des contrôles d'identité. Aucun incident majeur n'est a déploré pour le moment. Le Ministère de l'interieur avait au préalable annoncé qu'aucune mesure sécuritaire ne serait prise.

Toutefois au delà de la célébration, la place Tahrir a reflété aujourd'hui les divergences de points de vue qui secouent le parlement fraichement élu à la suite d'une élection législative qui aura duré plus de deux mois.

Alors que le parti majoritaire, des Frères Musulmans Justice et Liberté (PJL), est venu saluer les progrès accomplis depuis un an, les manifestants pro-démocratie, à l'origine du printemps égyptien, ont fait le déplacement pour demander le départ de l'armée de la scène politique. On pouvait lire sur les banderoles : «Not Religious, or Military ; Civil and Democracy», «Nous voulons une démocratie laïque, débarrassée de l'armée et de la religion !»

Même si l'Etat d'urgence, en vigueur depuis 1981, a été partiellement levé par la pouvoir hier, le Conseil Supérieur des Forces Armée dirige toujours le pays. Les procès militaires à huis clos n'ont pas cessé après le départ de Moubarak.

Il semblerait néanmoins que l'hommage aux martyrs de la révolutions ait fait consensus sur la place. Les affrontements entre la police et les manifestants avaient fait entre 800 et 900 morts l'année dernière. Lors de son procès, Hosni Moubarak doit actuellement répondre aux accusations portées contre lui pour le rôle qu'il a joué durant la répression qui a touché le mouvement pro-démocratie.

Alors que les procureurs ont requis la peine de mort, le juge doit rendre sa décision à la mi-février.

Alexis Thiry