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BETHLEEM – Pendant huit jours fin octobre, les touristes
occidentaux peuvent participer à une tournée intitulée “Mission Ultime”,
proposée par le groupe israélien de droite Shurat HaDin (centre juridique
d’Israël).
Pour 2.795 US$ (1.895€), plus le billet d’avion et un don
d’au moins 500$ (340€) au groupe qui se vend lui-même comme une association
pour les droits de l’homme, les participants passent huit jours à visiter les
bases militaires israéliennes, à écouter des conférences données par des
responsables militaires, à observer les checkpoints, à se déplacer dans les
zones frontalières libanaises et de Gaza, à rencontrer des anciens agents
secrets du Mossad, à assister à des tribunaux militaires, à inspecter le mur et
à rencontrer des politiciens israéliens en poste.
Une partie du projet, qui vise à générer un soutien
occidental aux Israéliens, comprend des conférences et des visites sur ce qui
est perçu comme les questions actuelles les plus pertinentes : le mur, les
checkpoints et les tribunaux militaires. On donne aux touristes un aperçu d’un
checkpoint et on les invite à voir les forces militaires à l’œuvre. Ils vont
ensuite voir un côté du mur à Qalqilia, un district qui est encerclé et
complètement coupé de ses terres.
Visant à vendre aux touristes la notion que les checkpoints
et le mur ont réussi à garantir la sécurité israélienne, le groupe assiste
également à un procès dans un tribunal militaire présenté comme « observer un
procès de sécurité d’un terroriste du Hamas ». Alors que la famille et les amis
palestiniens sont interdits d’entrer dans le tribunal, l’accès est accordé aux
touristes, avec un exposé sur la procédure par l’un des juges militaires.
La visite a lieu à Ofer, la prison construite sur les terres
de Ramallah, où, si la famille et les amis palestiniens peuvent assister à la
première comparution, seules deux personnes par prisonniers politiques sont
autorisées à entrer, laissant beaucoup d’autres attendant, à l’extérieur des
grilles de la base militaire, d’avoir des nouvelles de leurs proches.
Les seules conversations que les participants à cette
tournée ont avec les Palestiniens sont pendant des exposés avec ceux présumés
collaborer avec l’armée israélienne.
Les sujets de pratiques juridiques discriminatoires,
violations des droits de l’homme, harcèlements aux checkpoints, raids
nocturnes, destruction des biens et démolition des maisons au bulldozer ne sont
pas mentionnés. Bien que Shurat HaDin affirme n’avoir aucune affiliation avec
des groupes politiques ou gouvernementaux, il est clair que le gouvernement
israélien soutient et approuve ces tournées en permettant aux Occidentaux ce
type d’accès.
Une ancienne participante à la tournée Mission Ultime,
Melissa Reed, a commenté : « A travers les conférences auxquelles nous avons
participé, la tournée a essayé de créer une victimisation d’Israël, tout en
ventant ses efforts militaires. J’ai été déçue de voir combien la tournée était
partiale, n’offrant pas à un seul Palestinien l’opportunité de parler du
conflit. C’est sans aucun doute un programme de propagande. »
Reed est officier de la force opérationnelle anti-terroriste
des Etats-Unis. Elle a participé à la tournée à la demande de son employeur.
Ayant reçu un itinéraire partiel avant son départ, elle s’attendait à une
visite tout-à-fait différente.
« Il est clair que cette tournée est créée pour susciter un
soutien pour l’armée israélienne et qu’il cible les Américains, et en
particulier les Juifs américains. Faisant partie d’une force opérationnelle
anti-terroriste, le ‘choc et effroi’ qu’Israël présente dans cette visite n’a
pas eu sur moi les mêmes résultats qu’il a eu sur la moyenne de la quarantaine
d’Américains, non exposés à des opérations militaires et politiques, » dit
Reed.
Dès son retour chez elle, elle a commencé à recevoir des
mails pro-sionistes.
La première tournée de Shurat HaDin a été organisée en 2003,
en réponse à un effondrement du tourisme israélien. Il y a eu 74 participants.
En recevant le don minimum obligatoire de 500US$ par participant, le groupe a
gagné au moins 37.000€ en une seule tournée. En 2006, il y a eu 11 tournées,
avec une moyenne de 50 participants chacune. Nous n’avons pas pu avoir
communication du nombre de tournées organisées depuis 2003, ni du montant réuni
par ses visites.
Le centre est situé à Tel-Aviv, et a été créé par Nitsana
Darshan-Leitner. Affirmant avoir pris pour modèle l’ONG américaine ‘Southern
Poverty Law Center’, Shuar HaDin se centre sur la défense des litiges des
soldats et officiers israéliens, ainsi que sur les actions en justice pour
mettre en faillite les soi-disant « organisations terroristes ». Sur leur site
web, ils se vantent d’être responsables d’une baisse de 60% des « activités
terroristes » à Gaza.
Bien qu’ils prétendent n’avoir aucune affiliation gouvernementale
ou religieuse, les déclarations faites dans la presse par Darshan-Leitner et
l’itinéraire de la Mission Ultime suggèrent de solides liens militaires,
gouvernementaux et religieux. C’est Darshan-Leitner, et Shurat HaDin, qui a
demandé l’annulation de l’accréditation du journaliste français Charles
Enderlin sur l’affaire Al-Dura en 2000, portant l’affaire devant les tribunaux
en 2008, et la perdant.
Shurat HaDin organise de multiples Missions ultimes chaque
année, réunissant d’énormes sommes d’argent pour leur organisme en utilisant la
peur pour vendre la politique israélienne discriminatoire à des touristes sans
méfiance.
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