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JERUSALEM — Des ministres du
Likoud, le parti de droite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu,
ainsi que les colons, ont fustigé dimanche la suspension partielle de la colonisation
en Cisjordanie proposée par ce dernier pour permettre la relance du processus
de paix.
"Je suis foncièrement opposé
au gel de la construction", a affirmé dimanche le ministre de
l'Environnement, Gilad Erdan, avant la réunion hebdomadaire du cabinet,
ajoutant que "cette mesure n'allait pas conduire les Palestiniens à
revenir à la table des négociations".
Le vice-Premier ministre Sylvan
Shalom a de son côté affirmé que "cette décision est inutile et ne fera
que renforcer les exigences palestiniennes".
M. Netanyahu a proposé mercredi
sous la pression des Etats-Unis un coup de frein de dix mois à la colonisation
juive en Cisjordanie occupée, mais qui ne concerne pas Jérusalem-est (annexée).
Le but de ce moratoire est de permettre la relance du processus de paix avec
les Palestiniens, suspendu depuis l'offensive israélienne contre la bande de
Gaza l'hiver dernier.
Initialement, le gouvernement
israélien devait entériner cette décision dimanche en séance hebdomadaire, mais
la question n'a finalement pas été inscrite à l'ordre du jour, a-t-on indiqué
de source officielle.
En revanche, le ministre
israélien de la Défense Ehud Barak a ordonné de mobiliser "au plus
vite" de nouveaux inspecteurs --40 d'ici deux semaines-- pour veiller à
l'application de la mesure.
M. Netanyahu va rencontrer
prochainement les dirigeants des colons afin de justifier ce moratoire, a
annoncé le ministre Yuli Edelstein, habitant d'une colonie en Cisjordanie.
Le ministre de la Communication,
Moshe Kahlon, a également demandé au Premier ministre de réunir le comité
central du Likoud pour discuter de sa décision.
Intervenant lors d'une réunion du
Likoud samedi à Raanana (près de Tel-Aviv), Ron Nahman, maire de l'implantation
d'Ariel et ancien député du Likoud, a prédit que "le cabinet Netanyahu ne
parviendra pas au terme de la législature (en 2012), et ceux qui approuvent ce
gel ne seront pas réélus" au Parlement.
Plusieurs maires d'implantations
juives de Cisjordanie ayant reçu dimanche les ordres de gel de l'armée
israélienne les ont déchiré, notamment Guershon Messika, qui dirige le Conseil
régional du Shomron regroupant 32 colonies, a indiqué son porte-parole, David
Haivri.
"C'est le début d'une
période de lutte pour poursuivre la construction. Nous ferons tout ce que nous
pourrons pour construire malgré ces interdictions", a-t-il expliqué à
l'AFP.
Le maire de Beit Arié, une
colonie proche de Ramallah, avait de son côté reproché à M. Netanyahu d'avoir
cédé aux pressions du président américain Barack Obama.
"Il (Obama) hait les juifs,
et c'est un antisémite. Son régime est le pire auquel Eretz Israël ait jamais
été confronté, et je tiens à dire à Barack Hussein Obama qu'il ne pourra pas
nous stopper", a déclaré Avi Naïm, lui-même membre du comité central du
Likoud.
"Nous avons surmonté les
épreuves infligées par Pharaon, par Antiochos et Saladin, et nous survivrons à
Obama", a-t-il ajouté en référence à Antiochos IV, un roi séleucide du 2e
siècle avant JC, et à Saladin, commandant des troupes musulmanes lors de la
prise de Jérusalem en 1187.
Washington a en vain multiplié
les pressions pour qu'Israël gèle totalement la colonisation. La mesure de M.
Netanyahu a été immédiatement jugée insuffisante par les Palestiniens.
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