Gaza / PNN/
L'armée israélienne a procédé mercredi à la destruction de l'hôpital d'amitié turco-palestinien, seul établissement spécialisé dans le traitement du cancer dans la bande de Gaza. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre la structure hospitalière ainsi qu'une école de médecine adjacente s'effondrer sous l'effet d'une détonation contrôlée, suivie d'exclamations de joie attribuées à un soldat israélien.
Selon l'organisation de défense des droits humains Al-Haq, cette destruction s'inscrit dans un schéma systématique visant à anéantir l'ensemble du système de santé de Gaza. L'armée israélienne avait déjà utilisé l'hôpital comme base militaire lors de son occupation du corridor de Netzarim, en violation des conventions internationales sur la protection des infrastructures médicales.
La destruction de l'hôpital d'amitié turco-palestinien intervient après 17 mois d'une offensive qui a laissé le système de santé gazaoui en ruines. Selon Al-Haq, cette stratégie empêche les patients atteints de cancer d'accéder aux soins essentiels, rendant la vie à Gaza de plus en plus invivable.
Une politique systématique contre le système de santé
La Commission d'enquête des Nations unies a déjà déclaré qu'Israël menait « une politique concertée de destruction du système de santé de Gaza ». En plus du ciblage des hôpitaux et des centres de soins, les forces israéliennes sont accusées de restreindre l'acheminement de fournitures médicales et de s'en prendre directement au personnel soignant par des arrestations, des actes de torture et des assassinats.
Dans un rapport intitulé « La destruction systématique du système de santé de Gaza : un schéma de génocide », Al-Haq affirme que ces attaques laissent les 2,3 millions de Palestiniens de Gaza sans lieu sûr pour survivre. L'ONG appelle la communauté internationale à prendre des mesures immédiates pour faire cesser ce qu'elle qualifie de « génocide israélien en cours » et pour protéger le personnel médical ainsi que les infrastructures de santé.
Al-Haq exhorte les États et les organisations internationales à :
Dénoncer publiquement le génocide en appelant à un cessez-le-feu et à des sanctions contre Israël.
Imposer un embargo total sur les ventes d'armes à Israël, en vertu du Traité sur le commerce des armes, notamment pour les principaux fournisseurs que sont les États-Unis, l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Italie et la France.
Soutenir et financer l'UNRWA, qui fournit une aide humanitaire essentielle à Gaza malgré les attaques israéliennes.
Demander la libération immédiate des travailleurs humanitaires et des Palestiniens détenus arbitrairement.
Exiger l'accès sans restriction à Gaza pour les organisations humanitaires et les investigateurs internationaux afin d'enquêter sur les détentions et allégations de torture, de violences sexuelles et de négligence médicale.
Mettre fin au blocus de Gaza et lever les restrictions sur l'acheminement des fournitures humanitaires et des matériaux de reconstruction.
Organiser l'évacuation médicale des enfants et des patients nécessitant un traitement urgent à l'étranger.
Arrêter et poursuivre en justice les responsables israéliens impliqués dans ces crimes, y compris les ressortissants ayant la double nationalité.
Soutenir l'émission de mandats d'arrêt de la Cour pénale internationale contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Yoav Gallant, ainsi que l'ajout d'accusations de génocide pour la destruction systématique du système de santé de Gaza.
Enfin, Al-Haq appelle à l'isolement diplomatique d'Israël, notamment par des sanctions économiques, la suspension de ses relations avec les institutions internationales, et la rupture des liens politiques, commerciaux et académiques avec Tel-Aviv. L'ONG exhorte les pays de la région à renoncer aux accords de normalisation avec Israël, qu'elle accuse d'instrumentaliser à des fins économiques au détriment des droits du peuple palestinien.
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