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Cisjordanie – Un sondage révèle une opposition massive des Palestiniens au plan de déplacement proposé par Donald Trump

Publié le: 23-03-2025 | Politique
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BEIT SAHOUR, Cisjordanie – 

Un sondage d’opinion publié par le Centre palestinien d’opinion publique (PCPO) révèle qu’une majorité de Palestiniens rejette le plan de déplacement proposé par l’ancien président américain Donald Trump, craignant qu’il ne déstabilise davantage la région.

L’enquête, menée par le sondeur Dr. Nabil Kukali, a interrogé 1 500 Palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza entre le 5 et le 15 mars. Les résultats indiquent une opposition généralisée au projet ainsi qu’une inquiétude quant à ses implications politiques et sécuritaires.

Craintes d’une instabilité régionale
À la question de savoir si le plan aurait un impact négatif sur la stabilité politique et sécuritaire de la région, 58,8 % des personnes interrogées ont répondu par l’affirmative, tandis que 34,4 % n’étaient pas d’accord. L’inquiétude était particulièrement marquée dans la bande de Gaza, où 73,6 % des sondés ont exprimé leurs craintes, contre 53,4 % en Cisjordanie.

Les analystes estiment que cet écart reflète les réalités divergentes sur le terrain. Gaza, soumise à un blocus israélien depuis 2007 et cible régulière d’opérations militaires, vit une insécurité accrue. En Cisjordanie, où l’Autorité palestinienne exerce un certain degré d’autonomie, l’occupation israélienne demeure omniprésente, bien que la violence militaire soit moins fréquente.

Pressions internationales sur l’Égypte et la Jordanie
Selon le sondage, 55,9 % des Palestiniens estiment que l’Égypte et la Jordanie feront face à des pressions internationales pour accepter des Palestiniens déplacés si le plan venait à être appliqué. Près de 35 % pensent que ce ne sera pas le cas, tandis que 9,3 % restent indécis.

L’inquiétude est plus forte à Gaza (61,3 %) qu’en Cisjordanie (54,0 %), ce qui pourrait refléter la crainte que les dynamiques régionales, notamment l’influence américaine au Moyen-Orient, n’affectent les politiques des deux pays envers les réfugiés palestiniens.

La confiance des Palestiniens dans leur capacité à empêcher le déplacement
Malgré ces préoccupations, 50,4 % des sondés se disent confiants dans la capacité des Palestiniens et des États arabes à empêcher l’application du plan de déplacement. L’optimisme est plus marqué à Gaza (61,3 %) qu’en Cisjordanie (46,4 %).

En revanche, 44,1 % jugent improbable une telle issue, tandis que 5,5 % restent indécis. Cette divergence pourrait s’expliquer par les conditions politiques et sécuritaires distinctes : de nombreux Gazaouis estiment que la résistance armée reste une option viable, tandis que les habitants de Cisjordanie, vivant sous un contrôle sécuritaire israélien plus strict, se sentent moins en capacité d’empêcher un tel projet.

Frustration face au soutien limité des États arabes et musulmans
Le sondage met également en lumière un sentiment de frustration envers le manque de soutien perçu de la part des États arabes et musulmans. Près de 67 % des répondants estiment que ces pays n’en font pas assez pour aider les Palestiniens à Gaza, un mécontentement encore plus marqué dans l’enclave côtière (73,0 %) qu’en Cisjordanie (64,7 %).

En revanche, 28,4 % des sondés considèrent que les États arabes et musulmans remplissent leur rôle, un avis plus répandu en Cisjordanie (30,5 %) qu’à Gaza (22,5 %), suggérant que certains continuent de voir les efforts diplomatiques et l’aide humanitaire comme des contributions significatives.

Les motivations derrière le plan de Trump
Interrogés sur les objectifs supposés du plan de déplacement, 33,2 % des répondants estiment qu’il vise à instaurer une nouvelle réalité politique favorable à Israël. Par ailleurs, 27,4 % y voient une tentative d’éliminer le Hamas, 20,5 % estiment qu’il s’agit d’un moyen de prendre le contrôle des ressources naturelles de Gaza, notamment des réserves de gaz offshore, et 19 % considèrent que l’objectif est de réduire la population palestinienne de la région.

Ces réponses reflètent des inquiétudes plus larges selon lesquelles le déplacement servirait les intérêts stratégiques israéliens, dans la continuité des politiques antérieures d’annexion des terres et d’expansion des colonies.

Alternatives au déplacement forcé
Le sondage a également interrogé les Palestiniens sur les alternatives possibles à ce plan. La solution la plus populaire, avec 28,4 % des réponses, est l’établissement d’un État palestinien indépendant. Parmi les autres propositions figurent :

24,7 % – Accentuer la pression internationale sur Israël pour lever le blocus de Gaza.
22,8 % – Améliorer les conditions économiques dans la bande de Gaza.
17,4 % – Restaurer le contrôle de l’Autorité palestinienne sur Gaza.
6,5 % – Aucune solution claire.
Ces résultats soulignent un soutien continu à une résolution politique, même si la viabilité d’une solution à deux États reste débattue.

Les Palestiniens resteront-ils à Gaza ?
Malgré les difficultés persistantes, 66,3 % des répondants estiment que la majorité des Palestiniens de Gaza choisiront de rester plutôt que de partir. Le soutien au maintien est plus fort en Cisjordanie (70,0 %) qu’à Gaza (56,1 %).

Toutefois, 36,6 % des Gazaouis interrogés pensent que certains habitants chercheront à quitter la région pour de meilleures opportunités, contre 26,4 % en Cisjordanie.

Opinions divisées sur le Hamas et l’Autorité palestinienne
Le sondage s’est également penché sur l’éventualité d’un transfert de contrôle de Gaza du Hamas à l’Autorité palestinienne. Une majorité des habitants de Gaza (62,5 %) soutient cette idée, reflétant une insatisfaction croissante à l’égard du Hamas.

En Cisjordanie, en revanche, seulement 26,2 % des sondés appuient une telle transition. Par ailleurs, 47,5 % des résidents de Cisjordanie considèrent le Hamas comme un mouvement de résistance légitime, contre seulement 17,7 % à Gaza. Environ 20,9 % des sondés estiment qu’il n’y a pas de réelle différence entre l’Autorité palestinienne et le Hamas, illustrant un désenchantement généralisé à l’égard des dirigeants palestiniens.

Un risque de déplacement en Cisjordanie ?
Interrogés sur la possibilité que les États-Unis soutiennent un futur déplacement forcé des Palestiniens de Cisjordanie, 34,9 % jugent ce scénario probable, un chiffre plus élevé à Gaza (48,0 %) qu’en Cisjordanie (34,9 %).

En revanche, 43,5 % des sondés estiment qu’un tel projet ne verra pas le jour, une opinion plus répandue en Cisjordanie (49,3 %) qu’à Gaza (27,5 %).

Le rôle de la communauté internationale
Enfin, 54,6 % des Gazaouis et 48,2 % des habitants de Cisjordanie estiment que la communauté internationale pourrait jouer un rôle clé dans la résolution du conflit israélo-palestinien.

Cependant, 39,4 % des Cisjordaniens et 31,4 % des Gazaouis expriment un scepticisme à l’égard des efforts diplomatiques internationaux.

Les résultats de cette enquête traduisent des inquiétudes profondes quant à l’avenir des Palestiniens, un sentiment croissant de frustration envers les acteurs régionaux et internationaux, et une conviction persistante que des solutions politiques et économiques sont nécessaires pour empêcher un déplacement forcé.

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